Confrérie Saint Nicolas des Radeliers de la Loue
Les eaux coulent sans frontières
Le barrage du moulin d’Ounans et sa portière à radeaux

Eugène CHALON-Portière à radeaux sur le barrage d'Ounans-39-
Avant 1879, six ou sept coudes excessivement brusques et très allongés rendent la Loue très sinueuse sur près de 5 km entre le port aux bois de Chamblay et le barrage du moulin Canoz d’Ounans.
Ce barrage comporte 3 pertuis, deux dits de « décharge » pour réguler le débit des eaux, le troisième est un pertuis aux dimensions supérieures (8 m de large). IL est équipé d’une portière à poutre levante. Les deux bajoyers (cotés) et le radier sont en bois.
Situé rive gauche de la Loue, son implantation et sa conception ont toujours été remis en question par les entrepreneurs de flottage et les radeliers de Chamblay. Il est préjudice à de fréquents accidents lors des difficiles et périlleux passages des radeaux. Ces radeaux mesurent 37 mètres de longueur et 7 mètres de largeur. Le tirant d’eau ne descend que rarement en dessous de 35 cm.
La hauteur du barrage est jugée supérieure à celle fixée par le règlement. L’eau étant toujours beaucoup plus élevée en amont qu’en aval, la chute est brusque et les radeliers, très sollicités par cette manœuvre hésitent pour effectuer le franchissement de cet obstacle.
En 1879, le conseil municipal de Chamblay expose que ce barrage est en bonne partie responsable des fréquentes inondations qui occasionnent chaque fois de grands dommages et demande l’abaissement de ce barrage.
En période d’hiver, les crues de la Loue défoncent les terres et récoltes du territoire. Plusieurs maisons du hameau de l’Ile sont submergées et éprouvent de véritables dommages. Plusieurs familles sont contraintes de déloger pendant un temps très long.
Les accidents :
Le Maire d’Ounans fait constats des accidents survenus lors du franchissement de cette portière… » un radeau arrêté dans la portière se brise en la franchissant. Le propriétaire des bois eut un pied contusionné. Les radeliers furent jetés à l’eau et sans leur courage et leur sang-froid, deux d’entre eux auraient été broyés ou écrasés par les débris du radeau… »
Un autre en novembre 1889 :
« …dans le courant de novembre, un premier danger dont on ne peut calculer les suites a été empêché par le dévouement et l’intelligence du Patron qui s’est jeté à l’eau et a pu à force d’énergie arrêter son radeau au moment ou il allait se briser contre un premier train de bois qui obstruait la portière qu’il n’avait pas franchis… »
‘Le Patron’


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